Son Excellence Alassane OUATTARA accorde une vraie priorité à la Diplomatie économique
Selon BERGEIJK et MOONS, dans leur ouvrage ‘’Economic Diplomacy and Economic Security’’, édité par C. Costa à Lisbonne en 2008, « la diplomatie économique consiste en un ensemble d’activités visant les méthodes et procédés de prise de décisions internationales et relatives aux activités économiques transfrontalières dans le monde réel […] ». Cette approche met ainsi en exergue les concepts de commerce extérieur et de relations internationales. Pour sa part, dans ‘’Pour une histoire de la diplomatie économique de la France’’, publié en 2006, Laurence BADEL estime : « Associer le diplomate et le marché ne présente plus aujourd’hui en France le caractère incongru qu’une telle liaison pouvait avoir il y a un siècle ». Elle ajoute que la diplomatie économique a gagné ses lettres de noblesse dans les grandes instances internationales. « Il est désormais reconnu que la puissance de la France et son rayonnement à l’étranger passent aussi par l’exportation de ses produits, par la diffusion internationale de ses marchandises et de ses services, comme par sa capacité d’influence au sein de l’Union européenne lors des négociations commerciales multilatérales », explique Laurence BADEL. Et comme la France, presque tous les pays industrialisés sont dans la même dynamique. Dès lors, tous les ambassadeurs, occidentaux comme africains, en plus de leurs missions politiques et diplomatiques, ont mandat d’attirer des investisseurs de leur pays d’origine vers le pays d’accréditation, et vice-versa ! Tout le corps diplomatique : ambassadeurs, chargés d’affaires, consuls généraux, consuls honoraires, etc. est ainsi commis à cette lourde charge. Le Pr. Lacina YEO, dans son ouvrage intitulé ‘’Le rayonnement international de la Côte d’Ivoire – Le leadership gagnant d’Alassane OUATTARA’’ (pages 36 et 37) affirme : « Les acteurs de la diplomatie ivoirienne ont pour mission d’ouvrir des perspectives pour la Côte d’Ivoire dans sa politique de reconstruction et de développement durable. Les diplomates sont tenus de mener une offensive de recherche d’investisseurs internationaux ». Une tâche qui incombe tant aux patrons des représentations diplomatiques que consulaires. Ils doivent alors servir d’interface entre leur pays d’origine, la Côte d’Ivoire et celui de l’accréditation. Lorsqu’on parle de diplomatie économique, les actions portent essentiellement sur la promotion des potentialités économiques du pays ; la création de relations d’affaires ; les actions commerciales ; l’organisation d’expositions, forums, séminaires et ateliers thématiques ; la circulation de l’information économique et socio-culturelle ; les rencontres B to B et B to G ; le lobbying ; l’intelligence économique, etc. Ce sont autant d’activités et de notions qui entrent aujourd’hui en ligne de compte dans l’écosystème de la diplomatie économique. Les diplomates ivoiriens doivent donc en faire leurs. Car, tous les États modernes sont concernés et bien engagés dans cette compétition légitime. Certains pays, à l’instar du Maroc, ont une bonne longueur d’avance tandis que d’autres (notamment la Côte d’Ivoire) en font maintenant une vraie priorité.